L'alimentation

Auteur inconnu

À entendre parler certains, on pourrait penser qu'élever des canaris est la simplicité même et que la nourriture ne pose aucun problème ! Et pourtant l'alimentation a, chez les oiseaux en captivité, une importance capitale du fait qu'ils doivent se contenter de la nourriture qui leur est fournie sans pouvoir en modifier la composition selon leurs besoins.

La sélection génétique a un effet primordial sur la qualité des oiseaux obtenus mais c'est de l'alimentation que dépend la mise en condition et son maintien et par conséquent, le nombre et la « vigueur » des jeunes élevés.

Les besoins alimentaires varient suivant le sexe, l'âge et la période d'activité.
La nourriture est un des éléments essentiels de notre élevage. La base de l'alimentation est constituée par les graines et l'eau, mais cela ne suffit pas si l'on veut avoir des oiseaux en bonne santé et qui reproduisent bien.

Les oiseaux ont besoin d'un certain nombre d'éléments :

Les protides ou protéines : Les protéines sont formées de longues chaînes d'acides aminés, elles sont nécessaires pendant la croissance pour la formation des tissus, des plumes, mais aussi pour la production des œufs. Une légère insuffisance en teneur de protéines peut être compensée par une augmentation de la quantité de nourriture offerte.

Les glucides : Ce sont les sucres, éléments énergétiques.

Les lipides ou matières grasses : Ce sont également des éléments énergétiques.

Les vitamines : Nécessaires pour pallier les carences.

Les sels minéraux et les oligo-éléments : Ces éléments, à l'exception du calcium, sont apportés en quantités suffisantes par une ration normale de graines :

Le calcium : Il est nécessaire à la constitution des os et des coquilles d'œufs, mais à également de multiples fonctions.
Une carence en calcium seul peut se révéler par une paralysie d'une ou des deux pattes chez les jeunes et une production d'œufs à coquille mince.
Par contre, l'excès en calcium est également néfaste à la coquille d'œufs, la ration ne doit pas dépasser 2,5%.

Le phosphore : Il a une action dans le métabolisme des hydrates de carbones et des graisses, il entre aussi dans la composition des os et des coquilles d'œufs.
Le métabolisme du calcium et du phosphore dans l'organisme est lié et dépend de la présence de la vitamine D. Chez les jeunes, les premiers signes d'une carence en calcium et en phosphore sont comparables à ceux d'une carence en vitamine D et sont caractérisés par le retard de croissance, la déformation de membres et un plumage sec et ébouriffé.

Le manganèse : Sa carence aboutit à la production de coquilles faibles et à une mortalité importante en coquille.

Le magnésium : Est un constituant essentiel des os, nécessaire également à l'élaboration de la coquille des œufs, de même qu'au métabolisme des hydrates de carbone.

Le fer et le cuivre : Le fer est nécessaire à la production d'hémoglobine, son métabolisme est lié à celui du cuivre.
Un excès en cuivre peut provoquer une hépatite, par contre, une carence ne permet pas à l’organisme d’utiliser convenablement le fer.

L’iode : Nécessaire au bon fonctionnement de la glande thyroïde.  Une carence provoque une baisse d'activité et un plumage sec et dépigmenté. La respiration s'accélère et devient parfois bruyante et l'on peut même constater l'apparition d'un goitre.

Le potassium et le sodium : Le potassium se trouve essentiellement dans les cellules et a une action dans les échanges de la cellule avec son environnement. Le sodium se trouve dans les liquides organiques et contrôle l'acidité de l'organisme, en excès il devient toxique. L'un et l'autre sont nécessaires au fonctionnement cardiaque.
Les autres minéraux :

Le soufre : Il entre dans la composition de la méthionine et de la cystine. Essentiel au plumage.

Le fluor : Il peut avoir un rôle dans le métabolisme des os, mais en excès il devient toxique.

Le sélénium : A une action dans le métabolisme de la vitamine E et dans les maladies musculaires.

Le zinc et le molybdène : Sont nécessaires à la croissance.

Eléments de base nécessaires :

L’eau : C'est un élément indispensable. En période de reproduction, et de fortes chaleurs, l'eau devra être changée chaque jour et les fontaines seront nettoyées très souvent.

Les graines : Les graines sont essentiellement composées d’hydrates de carbone, de graisses, de protéines, de vitamines et de sels minéraux.

Les hydrates de carbone : Sont composés de carbone, d’hydrogène et d’oxygène combinés entre-eux, ils sont transformés par le foie en glycogène et utilisés sous cette forme par l’organisme en cas de besoin énergétique.

Les graisses : Se présentent sous forme d'acides gras qui peuvent être transformés par l'organisme en énergie. En cas de nourriture insuffisante, ils servent également comme isolant contre les écarts de température et au bon entretien de la peau et du plumage.
La ration normale de graines est suffisamment riche en graisses et en hydrates de carbone.

Les éleveurs ayant chacun leur façon de préparer le mélange, nous n’entrerons pas dans le détail.
Nous noterons cependant que, comme les humains, les oiseaux ont leurs préférences,  ils ne consomment donc pas les graines en quantités égales. Ils ont une tendance au gaspillage, ils trient leur mélange pour trouver ce qu’ils préfèrent.
Les graines doivent être de qualité et non poussiéreuses. Attention à celles qui dégagent des odeurs ou qui auraient été entreposées dans des endroits humides, il pourrait y avoir des intoxications, diarrhées et complications de toutes sortes pour nos oiseaux.

La pâtée : Est très importante dans l'alimentation, notamment par les protéines qu’elle apporte. La pâtée est nécessaire à la préparation des oiseaux pour la reproduction et est indispensable lors de celle-ci.
Pour les adultes, en dehors de la période d’élevage, je donne de la pâtée environ trois fois par semaine. Lors de la mise en condition pour l’élevage, j’en offre chaque jour.

Quelle pâtée donner ?

Dans les revues, certains éleveurs chevronnés ont voulu démontrer, que une telle pâtée était supérieure à une autre. Mais pour la pâtée, c’est comme pour les graines, on ne discute pas les goûts et les couleurs ! Certains oiseaux en préfèrent une plutôt qu'une autre. Vous pouvez constater que la consommation est parfois différente d'un couple à un autre. C’est à l’éleveur de choisir sa pâtée selon l’observation qu'il fera dans son propre élevage.
Comme pour les autres éléments de l'alimentation, il faut varier les menus. Depuis des années, dans les revues, de nombreux éleveurs donnent leurs recettes et je n’ai pas encore entendu dire que ces recettes se révélaient mauvaises. Il serait possible de faire un livre de la cuisine de nos oiseaux et je suis certain qu'en comparant toutes les recettes nous retrouverions globalement, les mêmes bases dans toutes les compositions.

Auparavant, je faisais ma pâtée moi-même, à présent, j’en donne une du commerce. Ne remplissez pas trop les godets, une pâtée trop vieille, ne serait-ce que d'une journée, ne sera pas appréciée.
L'idéal serait de pouvoir en offrir le matin et l'après-midi, mais pour bon nombre d'entre nous, ce n’est pas toujours réalisable lorsque nous travaillons au dehors.
Si pour une raison ou une autre vous décidez de changer de pâtée, il faudra tout doucement habituer vos oiseaux à ce changement.
A cette pâtée toute prête, vous pouvez ajouter différents éléments, carottes râpées, graines germées, germes de blé, levure de bière etc.

Les vitamines :

Les vitamines sont nécessaires. Un manque de celles-ci me semble être une des raisons de la mortalité en coquille. Il faut en user mais ne pas en abuser. De ce côté  n'attendez pas des miracles... car une mauvaise utilisation, surtout excessive, pourrait vous amener des surprises désagréables. J’utilise des vitamines avec un bon apport en vitamine E. agissant sur la fécondité.
J'utilise les vitamines surtout au moment de la préparation des oiseaux, à la reproduction et durant celle-ci  deux à trois fois le mois.
J’arrête d'en donner aux parents dont les jeunes ont approximativement quinze jours, car j'ai remarqué que cela incitait les femelles à repondre trop rapidement et c'est à ce moment-là qu'elles avaient tendance déplumer leurs jeunes.

Il y a bien d'autres occasions où leur utilisation est nécessaire :  
- Lorsque les jeunes sont sevrés et sont en cage de vol (deux fois par mois).
- Au retour des expositions.
- En cas de maladie.

Il faut être attentif à la date de péremption des vitamines, lorsqu’elles sont trop vieilles, elles ne font plus d'effet et peuvent même se montrer dangereuses pour les oiseaux.

Les sels minéraux et les oligo-éléments :

Pendant toute l'année, mes oiseaux ont à leur disposition : du grit, des os de seiche, des blocs iodés et des blocs minéraux. Ces différents produits renferment un certain nombre d'éléments indispensables.
Depuis plusieurs années, je donne également en permanence du « vitakalk ». Ce produit se présente sous forme de poudre, il contient des vitamines, des oligo-éléments et des sels minéraux. Depuis deux ans, j’offre deux fois par semaine du germe de blé. En période de reproduction, les couples en ont en permanence à leur disposition.

Les graines germées :

Très appréciées des nos oiseaux : soja, niger, navette, etc.
Je mets tremper les graines dans de l'eau et après les avoir bien rincées, ce qui est très important, je les dispose dans les bacs d'un germoir. Entre 24 et 48h, le temps est plus ou moins long suivant le type et la qualité des graines, celles-ci doivent être germées. Pour qu'elles soient le plus profitable aux oiseaux, les germes doivent être petits. Evitez « les cheveux d'anges »; à ce stade de la germination, les graines ne présentent plus d’intérêt, certaines pouvant même être dangereuses.
Lors de fortes chaleurs, vérifiez si elles ne sont pas suries, sinon gare aux dégâts !

La verdure :

Personnellement, je ne suis pas un fanatique de la verdure et n'en donne presque pas.  Néanmoins, le pissenlit, le séneçon, le mouron entre autres, sont très appréciés des oiseaux. La verdure doit être lavée et essorée avant de leur offrir. Il faut également être attentif de ne donner que de la verdure dont on est certain qu'elle n'a pas subi de traitements. Les pesticides sont redoutables pour nos oiseaux.
Je donne des carottes râpées (que je cultive moi-même). Elles sont très appréciées des oiseaux et très intéressantes dans la composition des pâtées en amenant, en plus, l'humidité nécessaire à la préparation de celles-ci.

Conclusion :

Comme nous venons de le voir, il n'y a pas de miracle à attendre de telle ou telle pâtée ou des autres éléments de l'alimentation.
Pour mettre toutes les chances de son coté, il faut à nos oiseaux :

  1. Une alimentation complète de bonne qualité pour pallier les carences ;

- Varier au maximum leur menu pour satisfaire les goûts différents de nos oiseaux.

 

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