Cette femelle est-elle prête à l'élevage?

Par Monsieur PYE Frank

Le pissenlit (dent-de-lion) est une des premières plantes qui sort de terre après les gelées de l'hiver. C'est un des meilleurs apports que nous pouvons offrir à nos oiseaux et les bénéfices qu’ils en retireront seront encore plus grands si nous offrons les jeunes pousses entières de terre.

Si vos oiseaux sont en forme et en bonne santé, que vous leur avez donné de la pâtée, et des graines de condition, le pissenlit amènera rapidement vos oiseaux en condition pour l’élevage.

Autrefois, nous pouvions donner à nos oiseaux la plante directement du sol sans crainte de la contamination par les pesticides, les herbicides et autres désherbants.  Aujourd'hui, les jeunes pousses seront soigneusement lavées. La plante entière (racines et feuilles) sera offerte. Si la plante est grande, coupez la racine dans le sens de la longueur de manière à permettre aux oiseaux d'atteindre la substance blanche à l'intérieur.

Au mois de mars, les mâles chanteront et sautilleront le long des perches pour attirer l'attention des femelles. Ces dernières transporteront alors tout ce qu'elles pourront trouver pour nicher.
Ne soyez pas persuadé pour autant que vos oiseaux sont en condition pour l’élevage. Les mâles resteront toujours des mâles et ils poursuivront les femelles pour les inciter à commencer.
Si vous êtes convaincu que la saison d'élevage est déjà arrivée, il pourrait en résulter une première ronde d'œufs clairs et au lieu d'un départ précoce, vous pourriez en avoir un tardif.

En écoutant mes femelles, je sais quand elles sont prêtes pour l'élevage, car elles commencent à gazouiller d'une manière tout à fait différente. Ces appels vers les mâles, ajoutés au fait qu'elles transportent des matériaux de nid dans leur bec, indiquent que le temps est venu de commencer.

Après plus de saisons d'élevage que je ne puis me rappeler, je crois que beaucoup de femelles arrivent en fausse condition environ deux semaines avant la date de la réelle bonne condition. Laissez-­les vous convaincre qu'elles sont prêtes avant de réunir le couple.

En février,  les mâles et  les femelles commenceront à montrer de l'intérêt l'un pour l'autre.  Il est dès lors important qu'ils ne s'accouplent pas avec un autre partenaire que celui que vous avez choisi. Il est parfois difficile de les en empêcher car, même s'ils ne peuvent se voir, ils peuvent s'accoupler rien que par des appels.

En général, les mâles et les femelles seront logés de manière à ce qu'ils ne se voient pas. Lorsque vous jugez que les couples sont prêts à nicher, placez-les dans des cages contiguës, de manière à ce qu'ils ne puissent se voir mais bien qu'ils puissent se nourrir l'un l'autre, pour ce faire, vous retirez légèrement la séparation entre les deux cages.

Si je veux qu'un mâle féconde deux ou trois femelles, j'attends qu’une des femelles commence la construction du nid. J'introduis alors le mâle pour une courte période.
Si le mâle est laissé avec la femelle, ils formeront probablement un couple relationnel, et souvent, mais pas toujours, il n'acceptera pas une autre femelle.

Si le mâle ou la femelle commence à papillonner devant la devanture de la cage, il est presque certain qu'il ou elle se sera accouplé par la voix, avec un autre partenaire. Si tel est le cas et qu’ils ne se battent pas, laissez les ensemble, il y aura de grandes chances pour qu’ils s’acceptent. Sinon, la meilleure chose à faire, est de retrouver le partenaire qu'ils veulent et de les laisser faire leur volonté.
Une fois qu'ils ont niché, il est souvent possible de retirer le mâle et de laisser la femelle nourrir seule ses jeunes, et de la remettre avec le partenaire originel pour le second tour.
Occasionnellement, ce couple non désiré produit des « cracks ». Cela m'est arrivé avec un mâle que j'avais acquis. Ce couple me donna deux jeunes, le schimmel n’a pas survécu, l'autre se classa premier d'une série de 78 jeunes mâles intensifs.

Février est le mois où il faut être attentif au bon moment pour commencer. Mais ne vous précipitez surtout pas. Si vous ratez le premier tour, vous pourriez le regretter pendant toute la saison.
Augmentez la pâtée et les graines de condition de manière à ce que les oiseaux en reçoivent chaque jour à la fin du mois. Si le temps est maussade et que le pissenlit est introuvable, continuez à donner des graines germées, de la salade, des pommes, etc… Par beau temps, un bain leur sera donné pour les aider à parfaire leur condition.

Surveillez les oiseaux qui traînent. S'il y a un problème, isolez le malade pour éviter d'étendre la maladie à toute la colonie. Si l'oiseau ne répond pas au traitement, appelez le vétérinaire. Un coup de fil à un champion local peut, parfois, apporter la solution.  Un oiseau qui n'est pas en condition, n'élèvera pas avec succès, il ne faut donc pas persévérer.

Si vous avez la lumière artificielle,  vos oiseaux pourraient être prêts avant la fin mars.  Par contre, si vous vous basez sur la lumière natu­relle ainsi que sur la température,  le début d’avril sera le bon moment pour commencer. Il est préférable d’avoir deux bons tours que trois médiocres.

Grit et os de seiche sont essentiels à cette époque. Un supplément de niger sera ajouté au mélange des femelles. Si vous vous décidez à employer les graines trempées elles aideront beaucoup vos oiseaux.

Dans le passé, on ne jurait que par le mouron, bon nombre d’amateurs prétendaient qu'il était impossible d'élever des canaris sans mouron. Aujourd'hui, à cause des pesticides et autres produits chimiques, beaucoup d'éleveurs préfèrent des substituts.  Si vous pensez qu'il est dangereux de donner du mouron, le meilleur substitut que je connaisse est le chardon trempé. Il est assez onéreux, mais la saison dernière, 3½ kg m'ont suffi pour 25 femelles.
Si grâce au chardon vous élevez un ou deux jeunes extra, vous serez largement rétribué.
Si vous craignez de ne pouvoir donner du mouron régulièrement, il est peut-être préférable de ne pas commencer. Les femelles hésitent parfois à continuer de nourrir leurs petits lorsqu'elles en sont privées soudainement.

                                                                                                                  
Frank PYE

Extrait de : « Cages & Aviary Birds » 
Traduction : Roger SMITZ