L'expérience compte en tout

Par Monsieur BULLIMORE Ron

Introduction Certains mythes persistants de l'élevage d’oiseaux sont revus par Ron BULLIMORE, expert en Borders.

Pendant des années, j’ai absorbé des quantités de conseils d’éleveurs expérimentés. Beaucoup d’entre - eux étaient utiles et excellents, mais quelques-uns me rappelle la définition du mot « expert » -« Ex » est quelqu'un qui est passé  et un « pert» est un coquin.(NDLR et du traducteur : plus sérieusement, l’origine étymologique du mot expert vient de l’indo-européen « petere » qui signifie : « aller de l’avant, chercher à atteindre et viser » ).

Par exemple, j'ai lu que les graines de mouron mi-mûres, n'avaient pas de valeur nutritive. Comment se fait-il alors qu’il y a des années, mes canaris ont nourri leurs jeunes avec celles-ci, bien qu'il y avait une ample provision de graines trempées et de pâtée à leur disposition ? Il y a une cinquantaine d’années, je pouvais remplir un sac  de mouron près de ma maison. Mes jeunes se sont bien développés avec cette nourriture. (Je ne le ferai plus maintenant, depuis que mon grand mentor Willie WELSH a perdu beaucoup d'oiseaux à cause du mouron, celui-ci avait été pulvérisé).

Autre chose, je disais que les oiseaux n'avaient aucun odorat. Je ne suis plus de cet avis. Les plus vieux amateurs se souviendront d’une publicité que l’on avait faite pour une mixture disponible en tant que « graines sauvages anglaises » . C'était un sous-produit de la machine du battage.
Pour les citadins, laissez-moi vous expliquer que les gerbes de maïs sont transportées ont été camionnées du champ à la cour de la ferme où elles sont empilées, le grain a été battu pendant l’hiver. Le  bon grain fini par émerger dans les sacs suspendus. Une ouverture permet de déverser les déchets qui contient de petites graines. Cela est vendu 1£ pour une cinquantaine de kg, ce qui est bon marché, même de nos jours.
Comme il contenait plusieurs graines des champs, je pensais que cela ajouterait de la variété à l'alimentation de mes oiseaux. J’en ai placé une poignée sur le fond de la cage, après avoir nettoyé celle-ci, mais peu a été mangé.
J'ai mentionné ceci à un vieil amateur qui m'a conseillé de remplir à moitié une boîte en fer blanc à biscuits avec les graines et d’y mettre dedans un morceau de coton trempé dans de l’huile d’anis.
J'ai fait ce qu’il m’a suggéré, et les graines on été prises aisément par mes canaris. Si
les oiseaux n'ont aucun sens de l’odorat, pourquoi est-ce que mes canaris ont-ils trouvé ces graines plus attirantes après ce traitement ?

Les premiers oiseaux que j'ai gardés étaient des oiseaux du pays. Le tout premier était un mâle bouvreuil qui m’avait été offert lorsque j'avais à peu près huit ans. J'ai mis du sable blanc comme fond de cage, je lui ai donné à boire, et j’ai rempli sa mangeoire de chanvre.
Je l’ai nourri avec du chanvre pendant trois ans, et son plumage n’a jamais changé de couleur. Pourtant, combien de fois n’ai je pas entendu dire que donner trop de chanvre fait virer le plumage du bouvreuil en noir !
Par après, j'ai obtenu une bonne provision de graines sauvages provenant d’une ferme locale. Elles étaient abandonnées dans le fond des charrettes à foin. Mes bouvreuils ont mangé un peu de ces graines mais, sans doute, leur alimentation principale était les graines de chanvre.

Au sujet de ces donneurs de conseils, je me demande si ils les ont essayés personnellement et rapportés leurs conclusions ? Ou transmettent-ils seulement quelque chose qu’ils on lu ou entendu dire sans l’avoir essayer eux-mêmes ?

Sevrer des canaris avec du pain au lait.
De mon temps j'étais certain que les canaris ne pouvaient pas digérer le lactose et donc ne devait pas être nourri avec du lait. Comment est-ce possible que j’ai sevré avec succès des jeunes avec celui-ci, pendant de nombreuses années. Pourquoi l’ai je arrêté ? Pour la seule raison que mon travail ne me permettait pas de le remplacer assez souvent.
Un jour, j’étais chez un ami, nous étions tous les deux prêts à sortir lorsqu'il s'est souvenu qu'il n'avait pas préparé du pain au lait pour ses canaris. Il est allé dans frigidaire, a pris une bouteille de lait, en a versé un peu sur une tranche de pain blanc et l'a donné à ses oiseaux.
« Ils n’en mangent pas beaucoup », a-t-il remarqué. Ce à quoi j'ai répondu «  je n’en suis pas surpris si c'est de cette façon que vous le préparez ».
Ma méthode est la suivante : coupez une bonne tranche de pain blanc, laissez-la sécher une demi-journée, versez du lait chaud dessus et laissez tremper quelques minutes. Retirez l’excédent de lait avec une spatule, puis saupoudrez le dessus de graines d’œillette. Préparé de cette façon, les canaris, parents et jeunes, l'apprécient beaucoup.

Ron BULLIMORE

Extrait de « Cages & Aviary Birds »
Traduction : Roger SMITZ