Le picage des jeunes

Auteur inconnu

Au cours de chaque saison d'élevage, nous sommes confrontés à ce problème. Parfois, il se présente déjà tôt dans le nid ou bien, les difficultés arrivent quand les jeunes prennent leur essor.

Il est remarquable que dans la plupart des cas, c'est chez les oiseaux légèrement panachés qu'il y a le plus de cas de picuage. Chez les oiseaux verts on trouve quelques cas, mais jamais un bain de sang comme nous en connaissons parfois chez des oiseaux blancs ou jaunes.

Pourquoi les « déplumeurs » ont-ils une préférence pour les sujets aux couleurs claires pâles ?  Pour plusieurs raisons. La première est que le plumage des oiseaux légèrement panachés est souvent plus mou de structure que le plumage vert. A cause de cela, ces plumes sont plus faciles à tirer, une plume verte tient souvent mieux. De plus, les déplumeurs peuvent plus aisément fractionner des plumes plus tendres car dans beaucoup de cas de déplumage, il s'agit d'absor­ber l'humeur des cellules contenue dans les plumes qui poussent.
Cette humeur a un goût doux et quand un oiseau y a goûté, il continu­era à déplumer.
Le déplumage, de préférence des couleurs claires, peut aussi être causé par le goût de l'humeur de la tige que les oiseaux pressent hors des plumes, probablement, l'humeur d'une plume verte n'est pas si douce.

Le picage se produit presque exclusivement pendant la saison d'élevage et lors de la mue. Les nouvelles plumes poussent et l'humeur est présente dans la hampe des plumes. Lorsque les plumes ce sont développées, l'humeur s'arrête et ce goût doux n'est plus percepti­ble. Dès que la mue est terminée, le contenu des tiges s'assèche. Le picage s'arrête donc souvent. Les plumes sont devenues plus dures et sans goût doux.

Les causes principales du piquage sont par exemple :


1° L'ennui ;
2° Le logement et la promiscuité ;
3° La prédisposition héréditaire ;
4° Les manquements dans l’alimentation ;
5° Le manque de matériel de nidification ;
6° L'irritation de la peau ;
Développons brièvement ces causes.


L'ennui :


Dans la nature, les oiseaux sauvages ont continuellement quelque chose à faire, mais dans nos cages, ce n’est pas toujours le cas. Dans la nature, les oiseaux ont un large choix de perchoirs (des arbres, des plantes, des toits, des parties de maisons). Mais par contre dans nos cages, ils doivent se contenter de quelques perchoirs.
Dehors, les oiseaux doivent chercher leur nourriture, en cage, tout se trouve à leur disposition sur quelques centimètres. A l’extérieur, le menu est souvent au choix, en cage, il n’y a pas toujours beaucoup de variétés.
Dehors, les oiseaux doivent toujours être attentifs aux dangers qui les guettent, en cage, après quelques jours, ils ne connaissent plus le danger.
L'ennui pousse les oiseaux à chercher d'autres occupations. Ils ramassent une plume sur le sol par jeu. Si son goût doux leur plaît, ils remarquent vite que d'autres plumes se trouvent sur leur voisin.
Que pouvons-nous faire contre cet ennui?
D'abord, donner un maximum d'espace à nos oiseaux. Placer des perchoirs de diamètres différents, et varier régulièrement leurs emplacements.
Distribuer l’eau et les graines en différents endroits. Offrir plusieurs sortes de graines dans des bacs séparés. Répandre régulièrement un peu de friandises ou des semences de plantes sau­vages, sur le fond des cages. Suspendre ou attacher des baies sauvages en plusieurs endroits. Donner des bouts de corde ou autres matériaux avec lesquels les oiseaux pourront jouer. Un petit morceau de saindoux peut aussi faire des miracles.


Le logement :


La cause la plus importante du picage des jeunes oiseaux entre eux est presque toujours la surpopulation. La bonne ligne de conduite à adapter est de ne pas mettre plus de dix oiseaux par mètre cube dans une volière. Dans les cages d'élevage, nous ne placerons pas, de préférence, plus de deux oiseaux
Lorsque nous enlevons les parois amovibles d’une éleveuse de 1,20m nous y installerons par exemple six oiseaux, il est également important que chaque oiseau ait  son propre perchoir. Ceux-ci seront courts ou bien nous mettrons des loges de 7/8 cm de large sur un long perchoir, nous pouvons également placer une pince à linge tous les 8 cm.

Prédisposition héréditaire :


Malgré une sélection soigneuse, il est toujours possible que des « déplumeurs nés » subsistent dans nos élevages. Il s'agit de les repérer rapidement et les éloigner, tout en pensant que leurs frères ou sœurs pourraient avoir les mêmes penchants.

Le manque de nutriments de croissance : 


Des manques dans l'alimentation sont également une cause de picage. Un manque de minéraux, est aisé à combler par toutes sortes de préparations vendues dans le commerce.
C'est plus difficile à corriger en cas de manque d'albumine. Nos oiseaux reçoivent toujours trop d'albumine de par leur nourriture, mais il est important que celle-ci contienne suffisamment d'acides aminés. Ceci est incontournable pour nos reproducteurs. Nous devons faire confiance au fabricant ou nous fier à notre propre expé­rience.

Manque de matériel de nidification :


Tout éleveur sait qu'une femelle avec des jeunes doit trouver à temps, des matériaux pour refaire son second nid. Si elle n’en à pas a sa disposition, elle déplumera ses jeunes pour construire son nouveau nid. On placera un second nid, en attendant l'envol des jeunes, pour permettre à la femelle de répondre lorsque les petits quitteront le nid. Ces jeunes peuvent être installés dans une cage accrochée à l'extérieur de l'éleveuse.

Irritation de la peau :


Il arrive parfois que les jeunes se déplument eux-mêmes. Cela arrive parce que la pousse de nouvelles plumes pendant la mue peut provoquer quelques démangeaisons.  Quand l'oiseau tire ses plumes à moitié développées, cela provoque des saignements et parfois des inflammations. Souvent, la cause de ceci est à rechercher dans un manque dans l'alimen­tation, ce qui ralentit la croissance des plumes.
L'humidité de l'air peut aussi jouer un rôle. Un bain journalier peut, dans ce cas, éviter bien des misères, ce bain maintiendra la souplesse de peau.
Si vous apercevez du sang chez un oiseau, isolez-le immédiate­ment, pour éviter des ennuis avec ses congénères.

                                                                                                             

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