Les parasites

Par Monsieur FAUCONNIER Karl

LES PARASITES INTERNES OU ENDO-PARASITES

Les parasites internes se présentent sous trois formes : les protozoaires, les vers et la mite. Ils se développent soit dans le système respiratoire, digestif ou sanguin.

1 - L’acariase respiratoire

Appelée trectasma trachéoculum, elle possède quatre paires de pattes et mesure 0,6 mm. Ce parasite, pas très contagieux, vit dans la trachée en suçant le sang. Il laisse un mucus qui encombre la trachée d'où des problèmes respiratoires. Il est possible de le voir, par transparence, dans la trachée à l'aide d'une forte lampe. Si on y voit des points noirs, c'est qu'il y a de l'acariase respiratoire. Sans un traitement, l'oiseau finira par mourir après plusieurs semaines.
Ce traitement consiste à donner à l'oiseau malade des graines sur lesquelles on a ajouté de l'huile alimentaire et du Carbaryl à raison de 0,03 gr pour 25 gr de graines.  Donner une journée et redonner une journée une semaine plus tard. On peut également mettre une goutte d'Ivomec dans le cou. Attention d'utiliser de l'Ivomec dilué.
Si ces traitements ne donnent aucun résultat, il faut penser à autre chose et donner des antibiotiques seulement à ce moment là. Si on constate un problème respiratoire chez un canari, dans 95 % des cas, ce ne sera pas l’acariase respiratoire, par contre chez les exotiques, c'est l'inverse.

LES PROTOZOAIRES

Les protozoaires sont constitués d'une masse gélatineuse et d'un cil qui leur permet de se déplacer. On les trouve soit dans l'intestin, soit dans le sang.

Dans l'intestin

1 - Coccidies
La coccidiose n'est pas courante chez les canaris car il lui faut chaleur et humidité pour se développer. Attention aux volières extérieures lors des étés humides. La coccidiose se voit au microscope, dans les fientes. La contamination se fait lors de l'ingestion d'ookystes qui sont des petits sacs remplis d'œufs.
Tous les oiseaux en ont quelques-unes, mais c'est l'excès qui crée des problèmes de diarrhées. Le traitement se fait avec des sulfamides comme le Witsyn-S, l’Océcoxil, le Coxidex, le Coxi-plus et le Baycox (2,5 ml /litre pendant 1 jour ). Pour les volières à problèmes, on peut mettre sur le fond du superphosphate de chaux commercialisé par la firme « Rosier ».

2 - Histomonias Hitrachi gallinarum
La « maladie du dindon » est très rare chez le canari. Le dindon a une diarrhée jaune et meurt le lendemain

3 – Giardia
Vit dans l’intestin. Il est aussi sous forme de cil.

4 - Hexamita

Il est responsable d'entérite chez les volailles et les pigeons.

5 - Trichomoniose
Ce parasite se retrouve dans l'intestin et dans le foie. Dès que l'oiseau est mort, on ne le voit plus à l'analyse. Ce qui entraîne qu'i1 est difficile à identifier.
Comme les traitements contre la trichomoniase ne sont pas contraignants pour les oiseaux, il est conseillé de faire une cure deux fois par an, dont une avant l'élevage en prévention avec le Tricho-plus. Comme les trichomoniases ne se développent que sur des oiseaux qui sont déjà attaqués par des bactéries, il est parfois intéressant de faire un traitement combiné Tricho-plus avec de la Néomycine qui est un antibiotique ne passant  pas dans le sang. Comme la flore intestinale est quand même détruite, il est important de donner des ferments lactiques après ce traitement.

6- Coclosomose
C'est un flagellé, qui agit sur l'intestin, et que l'on retrouve surtout chez les diamants australiens comme les goulds. Les signes cliniques sont des fientes jaunes qui sentent mauvais et où il reste encore des graines entières. Les pattes des oiseaux infectés deviennent jaunes.
Le traitement est le même que pour la trichomoniase, mais le double du temps. Il est conseillé de donner un électrolyte en même temps, ce qui permet une réhydratation de l'oiseau.

Dans le sang

1- Le spirochètose
Le spirochète est un protozoaire qui vit dans le sang et les canaris y sont assez sensibles. Les jeunes n'en sont pas atteints, grâce à l'immunité qu'ils ont les premiers jours de leur vie.
Les spirochètes sont très sensibles à la Tetracyclyne

2 - La toxoplasmose
La toxoplasmose a son cycle chez les félins. C’est un protozoaire très dangereux appelé maladie du chat. Beaucoup d'oiseaux en sont porteurs de même que l'homme. C'est une maladie très surveillée chez la femme enceinte.

3 - L'atoxoplasmose ou lankasterellose
La lankasterellose a son cycle chez les oiseaux. Un des vecteurs principaux est le pou rouge. Les symptômes : un ventre gonflé dû au foie qui est hypertrophié. On rencontre surtout cette maladie chez les jeunes qui sont sevrés de quelques semaines.
Pour la diagnostiquer, il faut faire un frottis de la rate. Il n'existe pas de traitement curatif. Il est donc primordial d'effectuer des traitements préventifs à partir de la quatrième semaine jusqu'à ce que les jeunes aient trois mois (ou la fin de la mue) avec un anti-coccidien et cela,  deux jours par semaine. Attention à ceux-ci (surtout l’Océ-coxil) pendant l'élevage car ces produits rendent stériles. La lankasterellose se transmet d'un élevage à l'autre par les achats.

LES VERS

Les vers parasites sont très peu rencontrés chez les canaris, mais sont présents surtout chez les perruches et les perroquets. Il existe deux types de vers.  Ceux qui ont un cycle direct et ceux qui passent par un hôte intermédiaire comme la limace que le merle mange et qui contamine le merle à son tour.

1 - Les ascaris
Les ascaris sont des vers à cycle direct qui mesurent 3 cm de long. L'Ivomec les tue comme la plupart des vers.

2 - Les capillaires
Ce sont des vers très fins comme leur nom l’indique. Ils mesurent environ 2 cm.

3 - Les cestodes
Ce sont des vers à anneaux qui font un cycle indirect. On les traite avec de la Nyclosamine.

4 - Le ver rouge
On le rencontre dans la trachée du gibier (faisan, perdrix, etc.) On ne le trouve pas chez nos canaris.

 
LES PARASITES EXTERNES

Les insectes se différencient des acariens au nombre de paires de pattes. Les insectes en possèdent 3 paires tandis que les acariens en ont 4. Les insectes subissent une métamorphose, tandis que les acariens pas.

 a)  Les insectes dépourvus d’ailes

1 - Les mallophages
Les mallophages, appelés couramment « poux des plumes », ne sont en fait que des insectes sans ailes qui se nourrissent de débris de peau et de plumes. Ils ne piquent pas les oiseaux, mais laissent des dépôts noirs (excréments) sur les plumes. Ils ne sont pas un danger pour les oiseaux, mais les dérangent continuellement et abîment le plumage.
Pour les éliminer, il suffit de poudrer le plumage avec un mélange de talc (18 parts), plus de l’Océpou (1 part) ou du Poutic. Cela a comme résultat de les asphyxier, ce que font les oiseaux dans la nature en prenant un bain de poussières. L'Océpou dans l'eau n'est pas très efficace, par contre l'Ivomec fonctionne très bien également (attention à ce que l'ivomec soit à la bonne concentration, il suffit d'une seule goutte dans le cou).

2 - Les puces
Elles créent très peu de problèmes dans nos élevages. Il en existe deux espèces : celles qui vivent dans l’humidité, et celles qui sont sur nos poules. Elles sont très sensibles aux insecticides courant comme l'Océpou.

3 - La chique
Elle se fixe sur les oiseaux qui vivent dans les pays tropicaux et suce leur sang. Il faut faire attention aux oiseaux importés.

4 - La punaise
Il en existe deux sortes : la punaise des pigeons et celle des nids d'hirondelles. On la rencontre très fréquemment dans les élevages situés dans un ancien pigeonnier ou à côté d'un pigeonnier existant.

b) Les insectes ailés

1 - Le moustique
Les moustiques pondent leurs œufs dans les étangs et points d'eau qui sont de plus en plus nombreux d'où une facilité de reproduction. Le danger vient surtout des maladies qu'ils transportent, notamment la variole qui est très dangereuse pour nos canaris.  Dans les pays chauds, il est le vecteur du paludisme que tout le monde connaît bien.  Il est préférable de le repousser plutôt que de le combattre. Pour cela, on peut utiliser des huiles essentielles de citronnelle, une potée de citronnelle ou de la tanaisie.

2 - La simulie
Ce sont de petites mouches que l'on rencontre le long des ruisseaux en Ardennes. Elles   vivent en grappes sur des pierres de rivière et piquent les animaux. Elle est également  vecteur de maladies. Ne concerne pas les canaris.

3 - L'hippobosque
C'est la mouche des chevaux. Sa piqûre fait très mal et elle retire énormément de sang quand elle pique.

c) Les acariens

1 - Sarcopte
C'est la galle des pattes. Elle n'est absolument pas liée à la propreté de l'élevage. Le traitement peut-être effectué avec de l'Océpou mélangé avec de l'huile pour salade ou avec de l'Ivomec (1 goutte sur chaque patte). Il est très important de nettoyer les perchoirs avec du Dettol et de les pulvériser à l’Océpou.

2 - Acariens des plumes
On ne les voit pas à l'œil nu car ils vivent dans le tuyau des plumes. La hampe de la plume devient blanche, au lieu d'être transparente, à cause des débris qu'ils font. Cet acarien est très difficile à éliminer car inaccessible. Il faut traiter à la mue avec de l'Ivomec. L'oiseau atteint perd des plumes.

3 - Acarien de la peau
Cette gale déplumante est responsable des pertes de plumes au niveau de la tête. Elle ne s'attaque pas directement aux plumes, mais à la peau. Ce qui a pour conséquence de faire tomber les plumes à cet endroit. Il en existe deux sortes : celle qui provoque une peau nue avec une croûte jaunâtre et celle qui donne une peau blanche avec comme du moisi dessus.
Le traitement s'effectue avec de l'huile mélangée à de l’Océpou. Surtout ne pas utiliser des produits pour chiens et chats qui ne sont pas du tous adaptés (très toxiques).

4 - Dermanyssus gallinae
C'est tout simplement le traditionnel pou rouge, très souvent responsable du syndrome de la « mauvaise femelle » car ils la dérangent la nuit. Il est capable de se reproduire en une semaine quand la température est assez élevée. Il a besoin de se nourrir tous les trois ou quatre jours en piquant l'oiseau pour prendre son sang, mais il peut vivre très longtemps sans se nourrir. Il est un fléau dans un élevage car on en trouve partout où ils peuvent se cacher la journée. Il laisse des traces grisâtres et est donc plus facile à repérer si les cages sont blanches.
On le combat en pulvérisant avec du Carbaryl (Océpou) (à recommencer tous les trois mois). Il faut également poudrer les nids avec le mélange Océpou + talc. Attention à la toxicité du Carbaryl pour vous-même.

5 - Ornithonyssus sylvanium
Il est celui que l'on appelle communément le pou du Nord, petite tête d'épingle gris foncé qui se déplace sur les oiseaux. Pas facile à voir, il pique le sang et gêne l'oiseau.  Il suffit de poudrer les oiseaux ou d'utiliser de l'Ardap. Refaire le traitement huit jours plus tard.

6 - Bursa
C'est un pou tropical qui se nourrit de sang. Huit jours sans nourriture et il meurt. Les canaris ne sont pas concernés.

7 - Arga reflexus
Concerne les pigeons

8 – Arga persicus
Concerne les volailles. Il peut résister 6 ans dans un bocal fermé. Attention aux élevages où il y a un pigeonnier à proximité. L'arga persicus véhicule des maladies.

9 - La tique
Elle vit dans les herbes et se fixe sur les hôtes qui passent tout près. Elle véhicule la maladie de lime. Pour l'enlever, mettre de l'éther pour l'endormir. L'Océpou la tue également.

I0 - Trombicula automalis
C'est l'aoûtat, parasite qui vit en dessous de la peau des humains ou des mammifères et provoque des démangeaisons. Il se développe en période de forte chaleur et de sécheresse. On en trouve parfois dans les volières.

Conclusion :

Voici un résumé des parasites externes ou internes qui concernent principalement nos oiseaux, mais qui peuvent nous nuire également.

 

FAUCONNIER Karl