Conférence du dimanche 02 mars 2008

Par le Monsieur VANDERMAELEN Johan, Président de la commission technique nationale AOB canaris de couleur.

Le nom de Monsieur Johan VAN DER MAELEN ne nous était pas totalement inconnu dans le monde ornithologique. Il suffit d’ouvrir un numéro du « Monde des Oiseaux » de notre fédération : l’A.O.B. (Association Ornithologique de Belgique) pour lire les articles ou des traductions d’articles et admirer des photos du conférencier de ce mois. Chez nos amis du Club Liégeois de Canaris de couleurs, chaque année, il en est l’invité d’honneur pour parfaire les connaissances des copains.

Par la suite, nous avons appris que M. VAN DER MAELEN était juge A.O.B. et C.O.M. et président du comité technique des canaris de couleurs à l’A.O.B. Non seulement, il est un excellent photographe mais ses voyages chez plusieurs éleveurs à l’étranger ne sont un secret pour personne.

Bien qu’encore jeune, notre orateur totalise déjà trente-cinq années de canariculture de couleurs. Cette année, il a pu visiter un élevage de 400 couples en Italie. Les oiseaux appartiennent à trois éleveurs différents qui se sont associés et regroupés dans un seul même local. Chacun occupe une tâche différente et les remplacements pour congés, absences, maladies, etc. ne souffrent d’aucun problème !
Alors que 20 couples pour quelqu’un qui travaille, c’est déjà un maximum, faites le compte !

A travers les visites effectuées chez un nombre impressionnant d’éleveurs, une vérité s’impose : à l’exception de quelques éleveurs, évidemment, qui ignorent l’échec en élevage,  la moyenne de jeunes par couple est beaucoup plus élevée chez les éleveurs de canaris de couleurs que chez les éleveurs de canaris de posture.
Il y a donc de sérieux progrès à accomplir.
Par exemple, la saison 2007 chez notre compagnon du jour a donné 366 jeunes pour 48 femelles ! Soit 7,63 jeunes par femelle !

En élevage de canaris, le premier élément important est l’installation.
Hygiène, propreté, ordre, clarté oui, mais aussi et surtout : « Mieux voir les oiseaux. »
Et c’est ainsi qu’il y a peu de temps, notre conférencier a supprimé définitivement les volières.
Mieux voir les oiseaux, c’est mieux les juger, les surveiller, trouver de suite ce qui ne va pas. Dans une volière, vous avez à peine repéré un oiseau qu’il se perd dans la masse. Il est arrivé à de nombreux amateurs de vendre de très bons oiseaux parce qu’ils avaient été mal visionnés.
M. VAN DER MAELEN a donc opté pour des volières métalliques ouvertes de 1.20 m x 0.45 x 0.45 dont la plupart viennent d’Italie. Elles sont munies d’une grille dans le fond pour le nettoyage. N’oubliez pas que 90 % des maladies viennent par les fientes.
Il est possible d’y placer deux longues mangeoires avec godets séparés sur toute la largeur aux deux extrémités. Ce système évite les bagarres. Dans de telles « cages de vol », il est possible de placer 12-15 canaris. Et ils sont continuellement à votre vue…
Plusieurs amateurs de canaris de posture utilisent déjà ce système avec beaucoup de satisfactions.
N’oubliez pas qu’il faut de l’air dans les oiseaux ! Dans un bon local d’élevage, il faut un renouvellement de quinze minutes toutes les heures. L’extracteur est parfois insuffisant, il faut parfois adjoindre un extracteur qui fonctionnera à l’envers. Autrement dit, il va chercher de l’air frais à l’extérieur pour l’expulser à l’intérieur du local. Mais il s’agit de bien étudier les emplacements pour éviter les courants d’air. L’oiseau ne doit pas sentir le mouvement d’air sur le dos.

Le deuxième élément important dans un élevage est le nourrissage. Vous rencontrez 50 éleveurs, vous avez 50 systèmes. C’est anormal ! En Italie et en Espagne, les éleveurs offrent du millet plat seul et tous les jours. Les autres graines sont offertes en supplément suivant les saisons et toujours en petites quantités.

Le troisième élément est le logement de vos oiseaux. Il faut voir et observer d’autres éleveurs, connaître les bons systèmes utilisés autour de vous et choisir les meilleures méthodes. M. VAN DER MAELEN utilise des cages ouvertes double avec séparation pleine ou treillis qui peuvent être sorties dans le jardin et nettoyées au Kärcher en 1 heure, une fois l’élevage terminé. Le carrelage au sol et aux murs permet le lavage en 1 heure. Soit 2 heures au total et le local et son contenu sont impeccables.

Etant donné que les murs sont recouverts de carrelage, il ne faut pas fixer les cages tout contre, c’est trop froid. Il faut placer des lattes d’épaisseur de 5 cm pour laisser l’air y circuler. Les fonds sont munis de grilles et le tiroir est garni du papier d’emballage des producteurs de pommes de Saint-Trond ! qui développe un grand pouvoir absorbant.

Le leitmotiv est de faciliter le travail d’entretien pour vous consacrer au maximum à vos oiseaux.

Pourquoi avoir privilégié la double cage métallique ouverte ? Comme il l’a déjà dit plus haut, c’est surtout pour améliorer l’hygiène, le nettoyage, etc.
Mais aussi pour le sevrage des jeunes !
Un oisillon qui se retrouve avec la queue abîmée, on oublie souvent de dire que c’est un oiseau foutu pour l’exposition. Lorsqu’une jeune plume est arrachée violemment par l’un des parents, c’est parfois même le squelette qui est abîmé irrémédiablement et la nouvelle plume repousse mal.  Ensuite, le pire qui puisse arriver à un oiseau est de ne pas manger. Deux ou trois heures sans manger, voyez déjà à quoi il ressemble ! Avec les parents à côté, plus de problème.
Enfin et pour terminer, le comportement de l’éleveur belge, en général ! Tout doit aller vite et beaucoup trop souvent, les jeunes sont sevrés trop tôt ! On bourre les jeunes de trente-six produits chimiques médicamenteux, et basta ! L’éleveur ne voit que la production...
Chez Johan, comme en Italie et en Espagne, les jeunes restent avec les parents pendant 6 semaines ! (42 jours) Les jeunes de la seconde couvée sont déjà là alors que les « anciens » sont encore dans le compartiment à côté.

Un quatrième élément est la distribution d’eau. A l’endroit de l’abreuvoir, circulent toujours beaucoup de microbes parce que cet endroit est aussi celui où se place le bec, une patte, des plumes, des graines, de la pâtée quand ce n’est pas un oiseau qui expulse une belle fiente juste à cet endroit !
Il s’agit donc d’être soigneux.
Le système à bille n’est pas mal mais lorsqu’une bille se bloque et que l’éleveur ne s’en aperçoit pas ! Bonjour, les dégâts !
Comme il a été vu à l’exposition de Reggio et chez de nombreux amateurs italiens, le système de distribution par tuyaux individuels avec un réservoir pour l’ensemble est très bien pensé – 180 oiseaux sont abreuvés facilement.

Un système de bains d’un éleveur italien est montré par les photos. Il s’agit d’une tour à étages qui se place devant les cages d’élevage avec distribution d’eau ! Remarquable !

Les nids utilisés sont de section carrée en bois de propre fabrication (très semblables aux nids préconisés par les « anciens » de notre club). Le matériel de nid à la disposition des couples, consiste en filaments de toile de jute et de noix de coco. Les sacs de jute que vous trouverez dans le commerce devront être trempés dans l’eau de Javel, ensuite bien séchés et enfin passés à l’OcéPou. Vous couperez des carrés de 10 cm qu’il vous faudra effilocher.

Pour le choix de vos bacs à graines et surtout à pâtée, il est conseillé de privilégier les récipients dont les arêtes sont arrondies, cela permet de supprimer les coins qui sont trop souvent des repaires à microbes.

Pour la pâtée, M. VAN DER MAELEN n’aime pas l’humidité. Celle-ci transforme certaines matières et ce n’est pas toujours bon. Lorsqu’il fait chaud, une pâtée humide risque de moisir.
La pâtée est donc donnée sèche. Mais, attention, il s’agit d’une pâtée dite « grasse », dite « prête à l’emploi » , en fait, elle est enrobée de miel, telle qu’on peut la trouver chez Orlux (Gold pâtée), CéDé (Eggfood Morbido), Tovo, Prima, ChemiVit, etc.
Vous avez tout l’hiver pour essayer des pâtées. Vos canaris doivent manger tout dans le godet, si ce n’est pas le cas, essayez autre chose mais vous finirez par trouver.
Par contre, les graines germées sont servies en quantités appréciables mais toujours séparées du reste.

Le grit, en Belgique, est jugé comme indispensable. Et pourtant, en Italie et en Espagne, le grit est peu offert aux oiseaux. C’est bizarre, puisque comme les poules et les pigeons, les autres oiseaux ont besoin de pierres pour l’opération mécanique du gésier. Où est la réponse ?

Un résumé succinct des couleurs de base chez nos canaris suivait en conclusion.

Il nous restait à remercier Johan VAN DER MAELEN pour ce brillant exposé qui remet quelques idées en place. Les chapitres sont clairs, les commentaires fouillés, les projections précises et de qualité, le tout avec une grande gentillesse naturelle.

C’est déjà certain, nous ferons encore appel à ce grand bonhomme ! Et les absents ont eu tort !

N.D.L.R. : vous pouvez rencontrer Johan sur son blog : http://tccoloraobelgium.skyblog.com/